Coût de la vie au Sénégal : une enquête révèle que 3 ménages sur 4 sont asphyxiés, signe d’une précarité croissante.

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Une enquête nationale menée par DILAM GROUP SA du 15 au 30 novembre 2025 met en lumière une hausse généralisée du coût de la vie au Sénégal et une détérioration préoccupante du pouvoir d’achat des ménages. Réalisée auprès de 413 foyers, l’étude décrit avec précision les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontées les populations, ainsi que les stratégies d’adaptation souvent limitées qu’elles mobilisent.

Des répondants majoritairement chefs de ménage et âgés

L’enquête révèle une participation très masculine (87 % d’hommes) et un profil majoritairement âgé : 92 % des répondants ont plus de 45 ans, ce qui illustre la forte représentation des chefs de foyer au sein de l’échantillon. Les personnes mariées dominent largement (86 %), tandis que les activités exercées sont principalement issues du commerce informel, du secteur primaire et des petits métiers (34 %). Les retraités, particulièrement vulnérables, représentent 24 % des répondants.

Revenus faibles, familles nombreuses : une vulnérabilité accrue

Près de 55 % des ménages vivent avec moins de 250 000 FCFA par mois, alors même que la taille moyenne du foyer atteint 7 personnes. Les postes de dépenses les plus lourds : alimentation (100 %), logement (94 %) et santé (62 %),   concentrent les effets les plus sévères de la hausse généralisée des prix.

Au total, 81 % des foyers déclarent une augmentation de leurs dépenses, dont la moitié évoque une hausse « forte ».

Un coût de la vie jugé difficile par trois ménages sur quatre

Selon l’enquête, 75 % des ménages estiment que le coût de la vie est devenu « difficile » ou « très difficile ». Les produits et services les plus touchés sont l’électricité, les denrées alimentaires et les produits de première nécessité.

Un constat alarmant ressort : 100 % des ménages affirment que leurs revenus n’ont pas suivi la flambée des prix, ce qui confirme une érosion nette et continue du pouvoir d’achat réel.

Stratégies de survie plutôt que solutions durables

Face à la hausse des prix, les ménages adoptent des stratégies d’urgence :

  • recherche d’un revenu complémentaire (79 %),
  • réduction de la consommation (36 %),
  • utilisation de l’épargne (36 %),
  • recours à l’endettement (25 %).

Ces mécanismes, essentiellement défensifs, montrent que pour une grande partie de la population, il ne s’agit plus d’adaptation mais de survie économique.

De fortes attentes envers l’État et les acteurs économiques

Les citoyens interrogés expriment des attentes claires :

  • baisse des prix des produits de base (93 %),
  • soutien accru aux producteurs locaux (53 %),
  • augmentation générale des salaires (40 %).

Ces priorités traduisent une demande pressante d’actions publiques pour freiner la cherté de la vie et soutenir les ménages les plus touchés.

Une situation critique appelant des mesures urgentes

Le rapport conclut que la hausse du coût de la vie au Sénégal est désormais perçue comme insoutenable pour une grande partie des ménages. L’inflation touche principalement les besoins vitaux : nourriture, logement, énergie, transport. Dans ce contexte, l’étude recommande :

  • des subventions ciblées sur les produits essentiels,
  • un ajustement du salaire minimum,
  • le renforcement des filets sociaux,
  • une politique volontariste de soutien à la production locale,
  • et une meilleure éducation financière des ménages.

OPINESEN


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